« Zulu » dynamite le mythe sud-africain

Lectures estivales #1

La Coupe du monde de football touche à sa fin. Dans quelques jours, le rideau tombera sur le spectacle du ballon rond qui fait tourner les têtes plus que de raison. Pour les inconsolables qui ne voudraient pas quitter l’Afrique du Sud sur des regrets amers, et pour les autres qui voudraient découvrir l’envers de l’usine à rêves offerte par le Mondial, voici un remède imparable  : Zulu, le thriller de Caryl Férey.  

Imparable, le mot n’est pas trop fort, à en croire la liste impressionnante de prix sous lesquels croule ce polar paru en 2008. C’est bien simple, le bandeau orange fluo sur la couverture de sa réédition en Folio policier n’y suffit pas. Grand prix des lectrices de Elle 2009, grand prix de littérature policière 2008, grand prix du roman noir français 2009, prix mystère de la critique… Difficile, donc, de ne pas se laisser tenter par le troisième opus de Férey qui nous entraîne, après la Nouvelle-Zélande et l’Australie, dans une Afrique du Sud post-apartheid ultra-violente et corrompue. Dans ce pays miné par les fléaux de la criminalité organisée, du Sida et de la drogue, la réconciliation nationale n’est qu’une façade – l’apartheid social restant la sombre réalité –, qui se fissure lorsqu’on retrouve le corps sauvagement assassiné de la fille d’un ancien joueur des Springboks, puis celui d’une autre femme blanche issue de la bonne société. Les indices laissés sur les victimes (scarifications zouloues, traces d’une drogue inconnue dans leur sang) vont conduire le chef de la police de Cape Town, Ali Neuman, sur la piste d’un trafic de médicaments impliquant les hautes sphères du pouvoir. On n’en dira pas plus sur cette intrigue aux ramifications complexes et d’une efficacité maîtrisée.

À travers ses personnages torturés et désenchantés, fragments de cette Afrique du Sud divisée, Férey décrit les paradoxes d’une société polarisée entre quartiers riches et townships délaissés, entre capitalisme effréné et croyances ancestrales, entre mafia et magie noire. Son style incisif, rythmé et criant de réalisme pousse le lecteur à lire d’une traite cette histoire très, très noire.  

  • Caryl Férey, Zulu, Gallimard, Série noire, 2008, repris en poche, Folio policier, 2010.
  
  

Illustration : Camille Pot pour Folio Gallimard.

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