Quand les livres fondent dans les mains…

(Re)lectures estivales #11

Chaleur accablante, lumière crue filtrant à travers les persiennes, maison endormie… Notes éparses en ces instants alanguis.

« Les livres fondaient dans les mains, la chaleur lacérait le cœur. »
(Marguerite Duras, les Petits Chevaux de Tarquinia, Folio, Gallimard, 1982)

« Ce que j’aime dans ton visage c’est l’arrivée
D’une lampe ardente en plein jour. »
(Paul Eluard, la Vie immédiate, Poésie, Gallimard, 1951, extrait de Je ne cesse pour ainsi dire pas de parler de toi et pourtant j’en ai toujours vite fini avec l’essentiel)

Ce qu’il fallait prouver
Le prisonnier, quand on le force
à rester debout dans sa cellule, un jour
deux jours, une semaine, commence à voir
autour de lui d’immenses toiles d’araignée
il essaie de se défendre contre des tarentules velues
mais un grillage blanc s’interpose
entre lui et les bêtes.

Le poète voit les serpents géants dévorés des punaises
il sait que la muraille en face du veilleur
est une succession d’accidences géologiques.

Donc, le poète
est un prisonnier
toujours debout
devant le papier blanc.

(Aris Alexandrou, Ποιήματα [Poèmes], 1941-1974, éditions Kastaniotis, Athènes, 1978)

Peinture : Salvador Dali, la Persistance de la mémoire, 1931.

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