Voyages au bout de la nuit : les errances de Michael Ackerman

Né en 1967 à Tel-Aviv, le photographe américain Michael Ackerman vit à Berlin mais parcourt le monde, dont il dresse un panorama irréel, comme hanté par la disparition. Après End Time City et Fiction, Half Life, présenté à la Galerie VU’, explore les frontières indécises du familier et de l’étrange, du réel et du symbolique.
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Michael Ackerman, "Hotel Centrum", Lodz, 2009

Michael Ackerman, sans titre, Pologne, 1999-2009

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Michael Ackerman, sans titre, Pologne, 2004

Michael Ackerman, sans titre, Pologne, 1999-2009

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Les images de Michael Ackerman ne sont pas de ce monde. « Certaines photos viennent de nulle part, je ne me souviens pas de les avoir prises, elles sont, avant tout, liées à la réalité de ce que j’ai ressenti. » Devant elles, impossible de savoir précisément où l’on se trouve. Intemporelles parce qu’indatables, elles semblent sorties d’un imaginaire « noir » et épousent une trajectoire intérieure, celle d’un artiste qui possède une conscience aiguë de l’angoisse moderne. Plusieurs éléments renforcent le sentiment de profonde altérité qu’elles procurent : le noir et blanc charbonneux, le gros grain, le « bougé », le flou à l’aspect d’aquarelle, les effets que les taches et les griffures de la pellicule laissent sur les tirages. Ceux-ci existent dans tous les formats ; Ackerman les choisit selon le lieu qui accueille son travail.

Michael Ackerman, sans titre, Pologne, 2009

David Lynch, "Eraserhead", 1976

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Portraits et paysages de Half Life sont chargés de mystère, tel cet hôtel imposant sa façade dans un décor abstrait, tel ce visage de fillette transperçant un fond semblable à une matière en explosion. Ou ces voies ferrées enneigées qu’on croirait délavées par la pluie. Sans oublier ces marginaux, freaks échappés des films de Browning et de Lynch, quand ce n’est pas l’expressionnisme d’un Murnau qui surgit sous nos yeux sidérés. Allusions à la perte, à la mémoire, à la mort, évocations du refoulé, de la part maudite et souterraine de l’humanité, de l’insoutenable tragédie de l’histoire… Les clichés d’Ackerman ne se laissent pas enfermer dans une seule interprétation. D’autant que réalité et allégorie s’y fondent sans arrêt. C’est à se demander si tout n’est pas rêve éveillé. Restent donc de ces voyages au bout de la nuit des énigmes dans lesquelles chaque spectateur ira projeter ses propres fantasmes.

Michael Ackerman, sans titre

Michael Ackerman, sans titre, 2001

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  • « Half Life » de Michael Ackerman, Galerie VU’, hôtel Paul Delaroche, 58 rue Saint-Lazare, Paris 9e. Jusqu’au 11 décembre 2010.
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