« L’oscure clarté qui tombe des étoiles » (sur l’étrange Odilon Redon)

Cette citation de Corneille se prête si bien aux « noirs » du peintre Odilon Redon, qui, à contre-courant de l’impressionnisme, s’est adonné aux gravures et lithographies pendant une quinzaine d’années avant d’opérer sa révolution copernicienne avec l’explosion des couleurs et la technique du pastel. C’est pourtant le fusain qui a donné corps aux visions oniriques les plus troublantes de l’artiste et ouvert la voie à la seconde « période » de son œuvre, éclatant d’une sérénité spirituelle retrouvée. A travers le fusain, « cette matière quelconque qui n’a aucune beauté en soi », le précurseur de l’exploration de l’inconscient et du surréalisme recherchait le clair-obscur et l’invisible, dans le sillage de ses aînés Rembrandt et de Vinci. Une démarche tâtonnante, mystérieuse, où monstres, chimères, cyclopes, têtes coupées, anges déchus et surtout l’œil omniprésent font songer à ces mots d’un autre poète, Baudelaire, dont il « illustra » (ou plutôt interpréta) les Fleurs du mal :

« Le mélange du grotesque et du tragique est agréable à l’esprit comme les discordances aux oreilles blasées », Charles Baudelaire, Fusées.

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One Response to « L’oscure clarté qui tombe des étoiles » (sur l’étrange Odilon Redon)

  1. esbelin says:

    adore

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