Des nuages à l’amande amère, en lisant Aris Alexandrou

Τα σύννεφα
Τα σύννεφα διαβαίνουν χαμηλά
τόσο πού κ’ένα χάγκελο νάτανε σπασμένο
θα πµορούσες να άπλωνες το χέρι και ν’άγγιξεις
Τη διαβατική
                     θηλύτητά τους.

Les nuages
Les nuages passent aussi bas
qu’une grille brisée
on pourrait tendre la main et toucher
leur féminité
                    éphémère.

Ποιητική
‘Aξίζει δεν άξίζει
στέλνω τις εκθέσεις μου σε χώρες πού δε γίνανε ακόμα
προδίνω τις κινήσεις ενός ήλιου
πού πέφτει την αυγή δίπλα στις μάντρες
επικυρώνοντας με φώς
τις εκτελέσεις.

Η κάθε μου λέξη
άν την άγγιξεις με τη γλώσσα
θυμίζει πικραμύγδαλο.
Aπ’ την κάθε μου λέξη
λείπει ένα μεσημέρι με τα χέρια της μητέρας δίπλα στο ψωμί
και το φώς πού έσταζε απ’ το παιδικό κουτάλι στην πετσέτα.

Η μόνη ξιφολόγχη μου
είταν το κρυφοκοίταγμα του απ’ τα σύννεφα.
‘Ισως γι’ αυτο δεν έγραψα ποτέ
στίχους τελεσίδικους σάν άντερα χυμένα
‘Ισως γι’ αυτο έγκαταλείπουν ένας-ένας τα χαρτιά μου
και τους ακούω στις κουβέντες όσων δε με έχουνε διαβάσει.

Poétique
Ça vaut, ça ne vaut pas
j’envoie mes récits dans des pays qui n’existent pas encore
je trahis les mouvements d’un soleil
qui tombe à l’aube à côté des clôtures
en confirmant avec la lumière
les exécutions.

Chacun de mes mots
si on le touche avec la langue
rappelle l’amande amère.
Dans chacun de mes mots
manque un midi avec les mains de la mère à côté du pain
et la lumière qui coulait de la cuillère de l’enfant sur la serviette.

Ma seule baïonnette
fut le regard de la lune à la dérobée à travers les nuages.
Peut-être est-ce pour cela que je n’ai jamais écrit
de vers définitifs comme des entrailles ouvertes.
Peut-être est-ce pour cela que mes vers quittent mes papiers l’un après l’autre
et je les entends dans les conversations de ceux qui ne m’ont pas lu.

(1951)

Sur Aris Alexandrou, lire aussi : Contre la vanité des idéologies (à propos du roman la Caisse)
et : Aris Alexandrou, l’exil à perpétuité

  • Aris Alexandrou, Ποιήματα [Poèmes], 1941-1974, éditions Kastaniotis, Athènes, 1978.
    Ma traduction.
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2 Responses to Des nuages à l’amande amère, en lisant Aris Alexandrou

  1. J’aime beaucoup
    je travaille souvent
    sur le rien

  2. Bravo pour votre excellent blog que je viens de découvrir avec bonheur!

    Je voulais juste faire quelques corrections dans le poème d’Aris Alexandrou que vous proposez en grec :

    Τα σύννεφα
    Τα σύννεφα διαβαίνουν χαμηλά
    τόσο πού κ’ένα κάγκελο νάτανε σπασμένο
    θα μπορούσες να άπλωνες το χέρι και ν’άγγιξεις
    Τη διαβατική
    θηλυκότητά τους.

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