Gouffres verts

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers…
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remords,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort !

Charles Baudelaire, les Fleurs du mal, extrait du « Poison ».

Fascination de la corruption, esthétique de l’horrible et du terrible comme source de plaisir : la littérature romantique a toujours cherché « des sujets de beauté tourmentée et souillée », rappelle Mario Praz dans son essai incontournable sur le romantisme noir, qui tisse un imposant réseau de correspondances entre les arts en Angleterre, en France et en Italie, de la fin des Lumières au XXe siècle naissant. Un trésor d’érudition à lire ou à relire d’urgence.

  • Mario Praz, la Chair, la mort et le diable dans la littérature du XIXe siècle. Le romantisme noir [1966], Gallimard, coll. « Tel », 1998.
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