Ouvrez l’œil…

…sur ce qui vous entoure, comme ces dessins affichés sur les murs du 20e arrondissement de Paris, rue des Prairies.

Floc’h, illustrateur hors cadre, hors pair

Floc’h n’aime rien tant que sortir des cadres. Peu banal pour un illustrateur qui a mis son talent, entre autres, au service de la bande dessinée. Moins, si l’on sait que cet illustrateur « formaliste » n’a jamais voulu se laisser enfermer dans ce genre dont il n’apprécie pas l’aspect « industriel » (aligner des cases, s’astreindre à créer des suspenses à la fin de chaque planche, construire une narration dramatique). Préférant la concision à l’accumulation d’images, le trait d’esprit et l’understatement à l’explication détaillée, la « ligne claire » et la mise en abyme, il s’est dirigé vers ce qui lui permettait de s’affirmer en tant qu’auteur de dessin : les illustrations qui racontent une histoire en une seule image et se suffisent à elles-mêmes. Ainsi, ses nombreux portraits d’artistes ne sont jamais purement illustratifs, mais évoquent au-delà du personnage représenté une part de sa psychologie, de son art, de son époque. À côté de ses trilogies – une composition qu’il apprécie tout particulièrement –, on trouve des œuvres à part, tels ses portfolios, ses couvertures et illustrations de livres et de magazines, ses affiches de films. Deux exemples caractéristiques, réalisés dans les années 1980 : le premier, son portfolio intitulé 35 rue Victor Massé (paru aux éditions Carton, tiré à 160 exemplaires) se composant de 7 sérigraphies semblables à des timbres-poste qui rendent hommage à ses artistes préférés (Jean Arp, Calder, Dubuffet, Yves Klein, Juan Miro, Henry Moore, Pablo Picasso) ; le second, un livre illustré comprenant 15 couvertures inspirées du magazine américain Life. En les regardant de près, on s’aperçoit de l’élégance de son style, dont la rigueur n’est pas synonyme d’austérité. Bien au contraire.
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Le monde des livres croqué dans le New Yorker

Une femme à son époux sur l’oreiller : « N’y pense même pas ! Il me reste encore deux chapitres à lire. » « Je ne lis jamais de livres. De toute façon, s’ils sont bons, ils passeront au cinéma. » « La Bible… ça doit être au rayon « Développement personnel ». »
Ces phrases pourraient sortir d’un film de Woody Allen. Elles sont en fait extraites d’une anthologie de dessins du New Yorker, célèbre magazine new-yorkais qui a gardé la tradition des illustrations, les mettant à l’honneur notamment en une. Après le succès de l’Intégrale des dessins du New Yorker (en 2005) et des Français vus par les Américains (en 2006), Jean-Loup Chiflet récidive cette année avec ce concentré d’humour consacré à l’univers des livres. Il a compilé, traduit et adapté en français quelque 300 dessins. Auteurs, éditeurs, lecteurs, attachés de presse, journalistes, vendeurs, muses… Tous sont passés en revue, personne n’est épargné. Le regard caustique, décalé et second degré, associé au trait old fashionned révèle les ridicules et les travers de chacun devant ce milieu littéraire qui tantôt fascine, tantôt rebute ou effraie.

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